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giotto

 

 «La vie se compose de rares instants isolés, suprêmement chargés de sens, et d’intervalles infiniment nombreux dans lesquels nous frôlent tout juste les ombres de ces instants.»

Les oeuvres présentent, «non pas la réalité, mais une universalité allégorique; des caractères d’époque, des couleurs locales quasiment atténués jusqu’à l’invisible et rendus mythiques; les manières actuelles de sentir et les problèmes de la société contemporaine réduits aux formes les plus simples, dépouillés de leur qualités pathologiques de séduction et de passions, privés de toute possibilité d’agir sinon dans le sens artistique; pas de sujets, de caractères nouveaux, mais les anciens, depuis longtemps familiers, sans cesse ranimés par un effort constant de renouvellement et de métamorphose…»

Les oeuvres présentent ce qui reste de mon histoire de l’art, de ma propre histoire, de mes archives. Elles sont un hommage aux inventeurs, aux découvreurs, aux créateurs. Elles sont ce qui reste de l’humain, de sa fabrique, de ce qu’il fabrique, au sens figuré.

Qu’est-ce que tu fais ? Je coupe, je colle, je peins, je dessine.

C’est ma façon d’organiser le monde des représentations, de me l’approprier, de relier une quantité complexe d’informations visuelles.  >>>

 

renoir


Je compose mes histoires par associations. La composition me permet d’aller au-delà de la dualité d’une histoire personnelle et d’une histoire plus générale, dont l’histoire de l’art fait partie.
Cette histoire circule par la reproduction d’oeuvres jamais vues.

Dans le coupage et le collage de fragments, l’impression colorée a son importance. Une couleur, une tonalité permettent de relier, dans une temporalité plastique, des éléments nés de mondes différents. Le dessin et la peinture sont un liant qui structure ce qui a été désossé par les ciseaux.
Le dépeçage permet de remodeler les oripeaux visuels que le collage et la peinture restructurent, relient comme dans la création d’un nouveau vêtement.
Les formes particulières que je dessine, grâce aux ciseaux, me permettent de faire vivre une nouvelle fiction, étayée par une forme de perspective organique, toute personnelle.

«L’inachevé produit souvent plus d’effet que le complet, dans le panégyrique surtout : on a justement besoin, pour ce qu’il se propose, du charme de l’inachevé, élément irrationnel qui fait comme miroiter une mer à l’imagination de l’auditeur et voile, tel un brouillard, le rivage opposé...»

 

Fabienne Boisset 2009

Friedrich Nietzsche pour les fragments d’Humain, Trop Humain.

ernesto cul jardin catalan